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    D’un seul geste en naviguant sur cette page, découvrez les grandes tendances issues de l’enquête SIHP-TNS SOFRES sur « l’avenir de la médecine ». Réagissez aux questions qui vous sont posées dans la rubriques « sondages » et donnez-nous votre avis dans la rubrique « commentaires »

La réforme du 3ème cycle expliquée en deux minutes

Pour en savoir plus, retrouvez ci-dessous la

synthèse du rapport Couraud / Pruvot

 

1. Le DES est nécessaire et suffisant à l’exercice d’une spécialité

- Il n’y aura plus de spécialité à clinicat obligatoire – Il y aura des DES à options permettant des surspécialisations au sein d’un même DES – Les DU obligatoires pendant l’internat seront supprimés

2. La durée des différents DES n’est pas encore arrêtée.
3. Les DES seront découpés en 3 phases :

- Une phase socle : apprentissage des connaissances basiques du 3ème cycle avec au moins un stage dans la spécialité. Cette phase est sanctionnée par un examen final avec une possibilité de se réorienter.
- Une phase intermédiaire : de durée variable selon les spécialités, avec des stages hors spécialité maintenus. Elle se termine par la validation d’un mémoire et de la thèse.
- Une phase de mise en responsabilité : « interne senior » exerçant seul dans un cadre hospitalier. Les stages peuvent être plus long (1 an) et être ambulatoires.

4. Devenir des DESC :

- Les DESC de chirurgie seront supprimés et transformés en DES filiarisés – Le DESC de médecine d’urgence est supprimé et transformé en DES, excluant de fait les médecins généralistes – Le DESC de réanimation médicale est supprimé et transformé en DES : il n’y a plus de possibilité de devenir réanimateur médical en passant par les autres spécialités médicales ou la filière « anesthésie – réanimation chirurgicale ».

5. Questions posées :

- Si le DES est nécessaire et suffisant à l’exercice d’une spécialité, restera t-il des places de post-internat pour tous ceux qui le souhaitent, en particulier en chirurgie ? – Les postes de CCA étant réservés aux futurs hospitalo-universitaires, les futurs assistants verront-ils leur statut revalorisé ? – Quid du droit au remord ? – Que penser de la suppression des DESC de médecine d’urgence et de réanimation médicale ?

Retrouvez l’intégralité du rapport Couraud / Pruvot en cliquant ici

 

Cette réforme nous concerne tous et doit nous mobiliser !

Dès maintenant réagissez, donnez votre avis en laissant un commentaire ci-dessous. Faites également remonter l’information via vos référents de spécialité.

Le SIHP s’engage pour les internes parisiens pour nous permettre de construire la médecine de demain.

 

Quelles réactions et quelles propositions cela vous inspire-t-il ? Quel rôle voulez-vous voir jouer par le SIHP ? Donnez votre avis en laissant un commentaire !

 

COMMENTAIRES

La fin de la médecine française tout simplement !

Complètement insensé et impossible à appliquer aux spécialités chirurgicales. Nous avons BESOIN de notre clinicat pour finir d’apprendre à opérer. 5 ans d’internat, même si cela peut paraître déjà beaucoup, ne suffisent pas pour bon nombre de spécialités, par exemple en chirurgie viscérale ou encore en chirurgie thoracique et cardio-vasculaire. Il me paraît absolument inconcevable de se lancer dans certaines interventions, relevant du chantier, après seulement 6 ans d’internat dont 2 ans « d’interne sénior ».

Le retour en force du mandarinat, avec un coordonnateur de DESC ayant droit de vie ou de mort sur nous, sans pour autant nous connaître individuellement (comment connaître des promos de 100 personnes/an???)

A mon sens, le SIHP devrait insister auprès du ministère pour leur faire comprendre que cette réforme va conduire à un effondrement de la qualité de notre formation, avec des répercussions à l’échelle nationale, mais aussi européenne voire mondiale. Les patients seront les premiers à en pâtir bien évidemment, cela va sans dire. Mais l’image de la France aussi, car la médecine française a une réputation mondiale, comme en témoignent le nombre de FFI étrangers sollicitant des postes afin de venir se former en France. Ceci est particulièrement vrai dans certaines disciplines chirurgicales, en particulier la chirurgie thoracique.

Je pense aussi de la nécessité d’informer la population. La plupart nous voient comme des nantis, des « fils à papa » à qui l’état a payé leurs études et qui doivent les rembourser. Mais ces personnes n’ont aucune idée de notre rythme de vie et des difficultés que nous rencontrons au quotidien, des remises en question permanentes auxquelles nous sommes soumis, de la difficulté même de notre profession. Ces mêmes personnes seraient scandalisées de savoir la réalité, c’est-à-dire que nous sommes payés moins du SMIC horaire compte-tenu du temps passé à l’hôpital, que nous prenons des risques considérables pour notre santé, voire même pour notre sécurité (je parle en particulier de ceux d’entre nous faisant partie d’équipes de transplantation). Si on prenait le temps d expliquer à ces personnes notre cursus, ils comprendraient qu’il est directement dans leur intérêt de défendre notre formation afin qu’ils puissent continuer à bénéficier de soins de qualité, pour lesquels certains étrangers sont prêts à payer plein pot. ll y a déjà des émissions telles que médecins de demain ou baby-boom proposant des reportages sur le corps médical. Mais nous savons tous que l’impact d’un documentaire est directement lié à la façon dont il est filmé, et malheureusement ces émissions ne montrent qu’une version édulcorée de notre quotidien. Il est nécessaire que l’opinion publique ait connaissance de la réalité des choses. Sans l’opinion publique de notre côté, impossible d’obtenir gain de cause.

Enfin, je souhaiterais ajouter que si ce carnage n’a que pour but de réaliser des économies (de bouts de chandelle), je serais personnellement disposée à ce que l’on rogne sur mon salaire, déjà misérable, du moment que l’on me permet de faire mes 4 années de post-internat indispensables à ma pratique de chirurgien thoracique et vasculaire J’ai conscience que certains d’entre nous n’ont pas l’intention, à juste titre, de céder à ce chantage odieux, mais je pense que, sans aller jusqu’à l’avancer, sous-entendre cet argument peut nous permettre de faire comprendre aux gens que notre objectif n’est pas de s’enrichir sur leur dos mais bel et bien de continuer à faire briller la médecine française, que nous sommes de gentils pauvres et non pas de méchants riches.

La santé publique n’est pas une spécialité médicale comme les autres ?

C’est une formation à part entière qui permettrait de penser des reformes sérieuses de la formation des soignants et du système de soin français!

Notre formation est au croisement des divers domaines comme l’économie de santé , l’organisation et la gestion du système de soin, le droit de la santé, la recherche biomédicale… Nos terrain de stages ne sont plus cliniques et n’entrent pas dans les cases créées pour les stages cliniques. Il y a plus de différences entre la santé publique et les spécialités médicales qu’entre les spécialités médicales et les spécialités chirurgicales ! On voit bien que cette réforme n’est pas mûre, et que la précipitation devant l’urgence de la démographie médicale a pris le pas sur la réflexion et l’analyse de la situation.

Je rejette complétement la fusion de la santé publique avec les autres spécialités médicales. Je pense que nous préférerions rester une filière à part, comme il est prévu pour la biologie médicale, et ainsi pouvoir tendre vers une formation d’excellence comme en Angleterre par exemple.

Si on veut éviter des réformes aberrantes comme celle-ci, il faut des médecins formés pour penser le système dans sa globalité, car nous allons droit dans le mur avec ces réformes faite à la va vite. L’assurance maladie coule, le système sanitaire se privatise, la formation des médecins est bradée… Arrêtons la dégringolade!

NON !

Impossible en l’état pour les internes de chirurgie, on apprend à opérer durant le post internat. Cette réforme ne rajoutera qu’une année de plus à la formation de chirurgien sans éviter le post-internat , pour être payer comme des vieux internes : NON !

Une bonne chose, le reste…

Le point positif : il est urgent de régler le problème des postes de chefs de clinique : CCA = formation universitaire = carrière hospitalière = mcu/pu. Il faut réduire ces postes drastiquement et assurer dans la mesure du possible une carrière universitaire à ceux qui s’y désignent.
Le reste : assistanat, dont le salaire DOIT être revalorisé.
Et il faut évidemment que les gens arrêtent de demander un clinicat pour avoir un poste de PH : ça ne sert à rien et ça fait perdre de l’argent et du temps à tout le monde (la fac, l’état..).

Franchement, quel est le pourcentage de CCA qui poursuivent une carrière hospitalo-universitaire ? Le système est complètement vicié.

En revanche, merci de nous défendre contre les autres mesures (suppression du choix par classement, agrément des stages…) qui sont stupides.

Enjeux réels ?

Je n’ai pas bien compris à quel besoin cette réforme est-elle censée répondre. Qui a commandé ce rapport et dans quel but ? S’agit-il d’améliorer la santé publique (on aurait repéré des lacunes dans la formation des médecins) ? De dépenser moins d’argent (la formation des médecins coûterait plus que ce que l’état peut se permettre) ? D’une autre raison ?

En effet l’examen des « faiblesses du dispositif actuel » données par l’introduction du rapport ne donne pas les enjeux réels : en quoi ces faiblesses sont des faiblesses ?
- « organisation générale de la formation » pour quoi faire ?
- « progression pédagogique » c’est à dire ?
- « évaluation formalisée » pourquoi meilleure qu’une évaluation non formalisée ?
- « lisibilité » pour qui ?

Pas d’examen supplémentaire sans les 48h max

Les révisions pour un examen final en « 1er socle » et l’obligation de finir une thèse avant de passer en « phase interne sénior » sont incompatibles avec les abus horaires actuels de 70h moyens/semaine exigés aux internes. Ce travail facultaire supplémentaire ne doit être exigible que lorsque des sanctions définies seront immédiatement applicables aux institutions qui violent la directive européenne du volume de travail hebdomadaire de 48h maximum. Sans cela, les dérives sont inévitables: échecs répétés à « l’examen final » et retards de soumissions de thèse et de mémoire, entraînant une prolongation de la durée de l’internat avec des semestres supplémentaires sanctionnant injustement des internes déjà très (et trop) travailleurs.

DESC et spécialité médico-chirurgicale

Interne en Urologie, en ce moment il existe une polémique assez forte entre le corps des oncologues et celui des urologues. Cette polémique concerne le droit à la primo-prescription des nouvelles hormonothérapies notamment dans le cancer de la prostate, ou des anti-angiogéniques du cancer du rein. Jusqu’à présent les urologues prescrivaient une hormonothérapie à leurs patients présentant un cancer de la prostate récidivant après prostatectomie et adressaient leur patient à un oncologue en cas de résistance à la castration en vue d’une chimiothérapie (primo-prescription réservée aux oncologues).
Maintenant avec l’arrivée de nombreuses hormonothérapies de seconde ligne (qui ne relèvent pas de la chimiothérapie), une polémique est soulevée, par le gouvernement afin de diminuer le nombre de prescription de ces traitements efficaces mais coûteux.
Une rumeur dit que cette prescription pourraient être réservée aux urologues titulaires d’un DESC d’oncologie de type 1 et aux oncologues. L’obtention de ce DESC 1 d’oncologie pour les urologues implique un investissement supplémentaire en formation et sur plusieurs années au cour de leur DESC d’urologie.

Avec cette réforme et la disparition des DESC, à qui reviendra la primo-prescription de ces nouveaux traitements et des autres (nombreux) à venir. Les urologues pourront-ils poursuivre à exercer la valence cancérologie de cette spécialité pleinement médico-chirurgicale ? Les urologues ayant choisi de se consacrer pleinement à la partie médicale de l’urologie ne verront-ils pas leurs compétences diminuées ?

Deux remarques et une question

Deux remarques:
- L’allongement de la durée de l’internat avec la « phase de mise en responsabilité » ne sert en réalité qu’à rallonger l’internat, à disposer plus longtemps de main d’oeuvre à bas coup et à reporter encore un peu plus l’âge d’accès aux dites responsabilités
- Je suis anesthésiste-réanimateur, issu du DES Anesthésie Réanimation, cela fait plusieurs années (une dizaine) que le DES Anesthésie Réanimation chirurgicale n’existe plus. Dans ce contexte de création du DES de réanimation (médicale), je comprends que la ré-utilisation de ce vieux terme de réanimation chirurgicale soit opportune afin de nous exclure des réanimations (polyvalentes).

Une question: le DES de réanimation remplaçant le DESC de réanimation médicale prévoit combien de poste par an? A priori pas beaucoup, étant donné le faible nombre de postes de PH disponibles dans ces réanimations. Est-il judicieux de créer une telle usine à gaz pour former quelques personnes?

On ne forme pas un chirurgien en 6 ans !

En chirurgie nos séniors ont pour la plupart été formés en 5 ans (sans repos de sécurité) + 4 ans de post internat. Faire des économies au détriment de la formation est une erreur que la population générale pourra reconnaître si l’on se fait entendre.

Arrêtons de nous taper sur les doigts !

Vouloir réformer les études de médecine, avec plaisir! Mais à mon avis, une réforme logique devrait commencer en début de course, et non en fin… Et il y en aurait des choses à revoir : longueur des études, organisation générale du cursus, mais surtout l’hétérogénéité des formations selon notre faculté. Vouloir sanctionner les internes de médecine générale qui se sont retrouvés là par dépit car mal préparés à l’ECN, cela s’appelle de l’acharnement… Comment espérer obtenir des médecins non burn-outés si on continue de les enfoncer, encore et toujours? Si en fin de 6eme année, le travail de chaque étudiant était réellement « récompensé », et non sanctionné par un résultat décevant pour la majorité d’entre eux, peut-être y aurait-il moins d’internes qui tenteraient de changer de voie…

Ensuite, vouloir réformer les DES, oui! Oui pour une évaluation des connaissances acquises (et la possibilité d’une remise en question des internes, mais aussi des formations). Mais qui serait responsable des ces évaluations? Les doyens bedonnants qui n’ont pas vu de patients depuis les années 80′? Si cette évaluation demeure université-dépendante, autant l’oublier tout de suite! Vu les différences actuelles entre les DES de médecine générale au sein de l’Ile de France, la mascarade serait loin d’être terminée…
Quand j’entends la population générale, les personnels paramédicaux, mais aussi les vieux médecins, j’ai l’impression qu’en étant médecin aujourd’hui, il faut juste courber l’échine et dire « amen ». Et si, après 10 ans de sacrifices, les jeunes médecins voulaient prétendre à un peu de reconnaissance, et de liberté de choix, serait-ce vraiment si scandaleux?

Et pourquoi pas?

« Encore une « réforme » inacceptable, néfaste autant pour les patients que pour les médecins ». Ramassis d’âneries ces commentaires… Ce qui est inadmissible est que au sortir d’un DES on ne s’estime pas suffisamment formés pour prendre en charge nos malades et que l’on doive poursuivre sa formation en post internat ! Ce qui est absurde et inadmissible, c’est que le DES ne soit pas suffisant aujourd’hui pour former correctement les médecins.

Je viens de lire le rapport, pour la médecine d’urgence la recommandation est claire, mais pour la réanimation c’est tout sauf aussi binaire que vous semblez le dire dans votre résumé.

Je suis dégouté

Les internes seniors vont remplacer les CCA et seront payés pareil que des internes en dernière année : on continue à se faire spolier par l’hôpital public. On travaille plus et on divise notre salaire par 2 ou 3.
Déjà 2 ou 3 ans d’attente pour avoir un poste de CCA dans certaines spés alors qu’on était dans le creux de la vague du numerus clausus. Il se passera quoi pour nos externes qui sont 10 fois plus nombreux que nous ? Et pour les jeunes semestres actuels ?
Merci Marisol.

Réforme 3ème cycle et DESC

Qu’est ce qu’ils vont devenir les internes qui ont choisi la médecine générale uniquement pour faire le DESC de médecine d’urgence comme moi ?

Pensez-vous que le DESC d’urgence sera supprimé seulement après que la première promotion de DES de médecine d’urgence sera diplômée, c’est à dire 3 ou 4 ans à partir de l’application de la réforme ?
Je trouve que c’est plus logique et correcte par rapport à ceux qui voulait faire la médecine d’urgence alors que la seule possibilité pour eux est de passer par le DES de médecine générale.

Contre

Prendre le prétexte de moderniser la formation médicale avec l’objectif non avoué de faire des économies à tous les niveaux et filiariser complètement les disciplines y compris celles qui étaient jusque là historiquement et légitimement liées pour un contrôle total des flux d’internes au détriment de leur formation, voilà à quoi se résume pour moi cette réforme.
Cette réforme nous est imposée, ne fait une fois de plus l’objet d’aucune prise en compte de la réalité de terrain des médecins en formation.

Je suis contre en l’état.

Préparons une grève, c’est inacceptable !

On nous utilise, ou comment mal faire des économies. Plus personne ne voudra s’engager dans ces études sans fin et esclavagistes.

La réforme qui nous tue

La suppression des DESC de médecine d’urgence et de réanimation médicale est une grave erreur car elle empêche de fait toute possibilité de reconversion pour les médecins qui exercent ces spécialités au mode d’exercice éreintant. Il s’agit purement et simplement de la négation des difficultés d’exercice de ces métiers par les boulets d’agents administratifs qui pondent ce genre de rapport! C’est en réalité tout l’inverse qu’il faut faire, c’est à dire ouvrir les passerelles permettant des reconversions car nul ne peut dire de quoi l’avenir est fait. Aucune de ces mesures coercitives n’arrivera jamais à contrôler la démographie médicale. Un médecin qui n’en peut plus ou auquel il arrive un « pépin » , qu’il soit familial ou de santé, en cours de route et qui souhaite changer de mode d’exercice DOIT pouvoir le faire librement. Concernant le clinicat: qui dit disparition du clinicat, dit disparition du secteur 2…. Qui dans l’avenir acceptera de travailler 70h par semaine, en responsabilité (qui est ordinale, déontologique, civile mais surtout pénale), après plus de 10 ans d’études pour être rémunéré moitié moins bien qu’un BAC+5 qui a fait une école d’ingénieur et n’a pas la moitié de la responsabilité supporté par les médecins? Concernant le statut d’ »Interne senior » Interne même « sénior » = stagiaire = étudiant = statut très « flou », non protecteur et adaptable à volonté par les pouvoirs publiques = rémunération ridicule (et ostensiblement vexatoire!). Le clinicat doit être maintenu pour permettre à ceux qui le souhaitent de faire une carrière HU et de permettre ainsi à la formation médicale française par le COMPAGNONAGE, qui fait toute sa valeur, de perdurer. Pour ceux qui ne souhaitent pas faire de carrière HU, le post-internat doit rester un système d’ »assistanat » ou les MEDECINS DIPLOMES seront rémunérés à hauteur de leur niveau de formation et de leur responsabilité et bénéficieront d’un statut aussi solide en terme de protection sociale que celui des salariés du régime général. Le « statut pas clair » des internes permet depuis déjà trop longtemps aux décideurs de faire des jeunes médecins la variable d’ajustement de leur incompétence. Il est vital que le SIHP mais aussi tous les médecins à titre individuel se battent pour leur statut et pour une rémunération adaptée à leur niveau de responsabilité et cela dès l’internat.

Scandaleux

Encore une « réforme » inacceptable, néfaste autant pour les patients que pour les médecins, ayant pour but d’asservir encore plus les médecins. Pourquoi pas interne à vie ?

Rien que le statut d’assistant ou de CCA sans gardes est scandaleux. Payé 2000/2500€ par mois à 35 ans après 11ans d’études, 70h par semaine et la responsabilité en plus, c’est une blague ?

La réforme du 3e cycle

La possibilité d’exercer en CHU avec le statut de CCA est précieuse, pour donner une formation de bon niveau et la possibilté de voir la réalité d’une fonction hospitalo-universitaire, avant de faire son choix.

Les limites en sont cependant la surcharge de travail qui échoit aux CCA, car mener de front activité clinique (avec la pression grandissante pour réduire la DMS, la négociation permanente pour les examens complémentaires, l’informatique défaillante etc), enseignement et recherche est très difficile actuellement.

Si cette réforme inclut de permettre une meilleure répartition du travail, avec plus de cliniciens qui n’auraient pas ces ambitions ou envies de recherche et enseignement, pourquoi pas, si cela ne les pénalise pas ?

Arnaque des tutelles !

L’objectif est clair : moins de CCA = plus d’économies, car l’interne séniorisé n’aura probablement pas le même salaire ! Et moins d’accès au secteur 2.

C’est en réalité l’objectif sous-jacent de telles réformes !

Opposons-nous ! Ne nous laissons pas faire !

Attention, réforme méchante

Il ne faut pas se leurrer, derrière cette belle image de nos grandes instances de redonner un statut plus « universitaire » à celui de CCA se cache en réalité l’absence d’anticipation de ces mêmes individus dans les années 90/2000.

Augmenter le nombre d’internes dans les hôpitaux peut être bénéfique pour les structures hospitalières (plus de main d’oeuvre payer au minimum syndical, peu d’embêtement syndical par rapport aux professions paramédicales, gel des postes de sénior …) mais au final, les internes qui sont de plus en plus obligés d’attendre, par le biais d’un Master 2, d’une année médaille ou d’une mise en disponibilité, pour bénéficier d’un post internat en sont les premières victimes.

Il serait surement temps de revaloriser le statut d’Assistant et d’augmenter les postes dans les CH non universitaire.

Dans 20ans, un internat de spécialité se fera en : – 4 années en tant qu’interne « de base » – + 2 années en tant qu’interne « pas encore senior » – + 2 années en tant qu’interne « presque senior » – + 2 années en tant qu’interne « à deux doigts d’être senior » – + 2 années en tant qu’interne « allez encore un petit effort après tout tu n’es plus à 2ans près » – + 2 années en tant qu’interne « senior »

Et les équivalences à l’international ?

2 grands axes de réflexion me viennent en tête à la lecture de cet article : sujets d’inquiétude pour nous, sujets d’auto-congratulation pour le ministère… – Une paie d’interne pendant ces 2 ans au lieu d’une paie d’assistant ? – Quid de la mobilité internationale et de la (diabolique) fuite des jeunes médecins français à l’étranger si le « fellowship » de 2 ans, exigé en particulier dans les pays anglo-saxons, n’existe plus en tant que tel ???

Le deuxième point est crucial…

Baisse de la qualité de formation

Un malade ne voudra jamais voir un « interne senior » au bloc ou en consultation !

On ne sera jamais seuls en pleine responsabilité, dans un cadre hospitalier protecteur, ce que le clinicat permettait de faire…

Cette réforme va faire baisser le niveau des médecins. La durée des études n’est pas vraiment le problème, on peut sans doute former en 4 ans si on forme en 5 ans. Il faut que l’interne senior soit un assistant au moins, un CCA au mieux !

À l’encontre du reste de l’Europe …

C’est quand même curieux que nous décidions de raccourcir la durée de formation alors que tous les pays européens affirment qu’elle ne peut être trop courte ! Une fois de plus nous payons les pots cassés d’une démographie médicale non contrôlée pendant des années… -

La proposition n’est peut-être pas si mauvaise …

En effet, quel intérêt y-a-t-il à faire un clinicat si ce n’est pour tenter la voie universitaire ? C’est le but premier de ce poste.

Oui, aujourd’hui tout le monde « doit » en faire un : pour le CV, pour accéder au secteur 2, parce qu’il est mieux rémunéré … mais au final, il faut rappeler que la moitié du temps est censé être consacré au temps universitaire (recherche et formation) Finalement, le statut d’interne sénior d’une durée de 2 ans en plus des 4 ans d’internat permet de raccourcir le cursus par rapport aux 5 ans + 2 ans habituel en tant qu’assistant ou CCA.

Il faut arrêter de se battre en bloc contre toute mesure qui viserait à changer un tant soit peu la donne actuelle (qui n’est pas la panacée) et cibler sur des points précis nos revendications : Oui pour un internat sénior, mais revalorisé en terme de salaire et de responsabilités.

Concernant les filiarisations, je tiens à rappeler que dans de nombreuses villes de province, c’est déjà le cas, et ce n’est pas forcément une mauvaise chose, ça sous-entend également un meilleur accompagnement au sein de la filière et plus de visibilité.

Là encore, une proposition que nous pourrions faire serait plutôt de favoriser des formations passerelle, pendant l’internat, mais aussi utilisables plus tard en tant que praticien.

Et pourquoi pas des externes seniors ?

Cette réforme met fin au secteur II en chirurgie, progressivement le tiers payant est mis en place, le plafonnement des dépassements d’honoraires avec l’avenant 8 vont permettre aux mutuelles de créer des réseaux de soins.

L’interne senior n’est pas un assistant, pourquoi faut il modifier ce terme ? Derrière ce terme d’interne senior se cache un véritable projet de santé. L’interne senior continuera donc à faire les tâches ingrates que l’on réalise en tant qu’interne. Il est important de ne pas mélanger l’internat et le post internat.

Il faut maintenir des postes d’assistants et réguler probablement les postes de CCA notamment en chirurgie pour les futures carrières hospitalo-universitaires.

Contre la dénomination d’interne sénior

Je suis contre la dénomination d’interne sénior, qui ne pourra pas servir à autre chose que de maintenir captif les médecins à l’hôpital dans un statut dégradé sous-payé sans mot à dire parce que à bac + 6 (2e cycle) + 4 (internat) ± 2 (internat sénior), ils ne seront que des « étudiants » ou des « stagiaires ». On sent d’avance le status « ad-hoc » en dehors du droit général du travail. Assez d’accord avec les problèmes soulevé dans votre courriel par ailleurs.

Interviews sur la réforme du 3ème cycle

Interview de Didier Journois

Professeur et coordinateur du DES d’Anesthésie-Réanimation d’Ile-de-France à l’Université Paris Descartes

Mercredi 26 mars 2014

 

Matthieu Jamme (pour le SIHP). – Avez-vous pris connaissance du projet issu de la réforme du rapport PRUVOT / COURAUD ?

Professeur Didier Journois : Oui, bien-sûr ! Ces informations sont capitales pour l’avenir de chaque discipline.

Quel est votre sentiment vis-à-vis de cette réforme, en particulier vis-à-vis de l’anesthésie-réanimation ?

En premier lieu je dirais que le cahier des charges de cette réforme ne nous a pas été présenté. Nous devons donc le déduire des propositions de changements que le texte propose. Ce cahier des charges supposé est le suivant : ne pas dépenser davantage d’argent et simplifier les procédures pour essayer de faire ce que nos pouvoirs publics ont essayé de faire de longue date. A savoir prévoir le nombre de spécialistes formés à un moment donné pour un endroit donné. Il s’agit d’une filialisation poussée.

Me positionnant plutôt comme pédagogue, je suis choqué. Je pose simplement la question : où est la pédagogie dans cette réforme ? Où sont les outils d’évaluation de la pédagogie actuelle ? Quels seront ceux de la pédagogie future ? Clairement la pédagogie est malmenée par cette réforme tant sur le plan du constat de l’acquis que de la prévision du futur.

Si l’on regarde le texte tel qu’il est proposé, ce qui saute aux yeux c’est la réduction des années d’études. Certes il y a le socle, la période intermédiaire, et la dernière période qui est sans nul doute une période de responsabilité. Mais où est la pédagogie dans la responsabilité ? Est-ce que l’on peut imaginer que donner une responsabilité à quelqu’un représente la méthode pédagogique  nécessaire à tous, dans tous les cas, dès qu’une certaine ancienneté est atteinte ? Personnellement, cela fait des années que je lutte contre la séniorisation au profit de la supervision. La nuance paraît minime, elle est cependant capitale. La supervision, c’est une séniorisation encadrée donnant à la séniorisation sa valeur pédagogique.

En clair ce projet de réforme correspond à une réduction de la durée des études de spécialisation que les internes vont payer deux fois : d’abord par la réduction de la durée de leurs études, qui a été évaluée comme nécessaire à 5 ans (ce que je confirme en tant que coordonnateur), et ensuite par la mise en responsabilité sans recevoir les émoluments d’un responsable !  Le piège est vraisemblablement que les internes, trop souvent déconsidérés, se laissent tenter par l’apparente considération d’une mise en responsabilité.

Cliquez ici pour lire l’intégralité de l’interview 

 

Interview d’Alain Combes

Professeur en réanimation médicale PU-PH à l’institut de Cardiologie du groupe hospitalier la Pitié-Salpêtrière

Jeudi 23 Janvier 2014

Matthieu Jamme (SIHP). – Avez-vous pris connaissance de la réforme de la Commission Nationale de l’Internat et du Post Internat (CNIPI) ?

Professeur Alain Combes. - Je suis au courant oui.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est de connaître vos impressions générales sur cette réforme. Quelles sont-elles ?

Cette réforme a pour principal but l’organisation de filières de formations pour le troisième cycle et la maitrise du nombre de médecins formés dans chaque filière. Il est vrai qu’en termes de formation médicale, ce n’est pas forcément la meilleure des choses que de diriger très vite les étudiants dans des filières extrêmement précises. Il existe dans d’autres pays, par exemple les Etats-Unis, un tronc commun de médecine interne ou  de chirurgie générale de 1 ou 2 ans avant la spécialisation de 3 à 5 ans. Cependant, je pense avant toutes choses que tout dépendra de la manière dont on construira les maquettes à l’intérieur de chaque Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES). La réforme prévoit une « phase socle » initiale permettant l’acquisition des compétences transversales nécessaires à l’exercice du métier de médecin, suivie d’une phase intermédiaire permettant l’acquisition des compétences nécessaires à l’exercice de la spécialité et se terminant par la validation de la thèse de médecine et enfin d’une phase de mise en responsabilité où une formation professionnalisante préparant médecin en formation à l’exercice de son futur métier sera dispensée. Donc, il est très probable que la future formation des internes soit adaptée à leurs besoins. A nous tous ensemble de construire ces maquettes de formation pour qu’elles soient les plus attractives et efficientes possibles.

Cliquez ici pour lire l’intégralité de l’interview 

Interview de Morgan Roupret

[Directeur des Conférences d'internat] PU PH d’Urologie de l’université Paris VI

Lundi 18 novembre 2013

 

Le groupe de travail sur la réforme du troisième cycle des études médicales propose des mesures affectant l’internat et le clinicat qui nous inquiète. Ces propositions prévoient notamment de diviser l’internat en deux parties : une première partie correspondrait à la formation initiale qui équivaut à l’Internat classique et une deuxième partie s’apparenterait à un Internat senior, similaire à un poste d’assistant spécialiste. Pour Morgan Roupret, Directeur des Conférences d’internat et Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux de Paris, cette réforme présente trois risques majeurs pour les Internes : la détérioration de la qualité de la formation, la restriction d’accès à l’enseignement et la réduction de la rémunération.  

J’ai le sentiment que cette reforme va influencer fortement et très négativement tous les cursus d’internes, tout particulièrement ceux à actes techniques, au premier rang desquels les chirurgiens. L’impact se ressentira sur 3 aspects.

Sur la qualité de la formation, tout d’abord. L’idée sous-jacente de cette réforme est de faire progressivement disparaître les chefs de clinique afin de créer une espèce de statut hybride d’interne junior et d’interne senior. Ceci pose un réel problème pour la formation des Internes : étudiant de 3e cycle, l’Interne n’a pas la lisibilité et l’expérience que peut avoir un chef de clinique. En termes de responsabilité juridique, il y aussi un problème puisque la judiciarisation de l’univers médical empêche de déléguer un certains nombres d’actes. Avec ce nouveau statut, les Internes auront donc moins de contact avec le patient et pratiqueront moins d’opérations techniques. La réforme proposée impacterait donc négativement la responsabilisation des Internes, leur rapport avec le patient et leur technicité.

Sur la rémunération, ensuite. L’objectif de notre gouvernement est de réduire les coûts de gestion du domaine de la santé publique. Hors, il y a chef de clinique reçoit aujourd’hui un salaire de l’hôpital et un salaire de l’université. Ce nouveau statut hybride supprime le statut universitaire des Internes, ceux-ci ne seront donc plus payés que par l’hôpital, ce qui représente une économie conséquente pour l’État et, en conséquence, un amoindrissement significatif de la rémunération pour les Internes.

Sur l’accès à l’enseignement, enfin. Aujourd’hui, l’enseignement de médecine est dans un équilibre précaire : le numérus clausus ne cesse d’augmenter et le corps d’enseignants universitaires a atteint sa masse critique. Dans l’état actuel du système d’enseignement médical, les chefs de clinique sont donc là pour compléter le corps enseignant afin de répondre à l’augmentation du nombre d’étudiants. Or, si on déchoit les Internes du statut de chef de clinique pour qu’ils adoptent un statut hybride interne junior/interne senior, qui va s’occuper de l’enseignement des actuels étudiants en médecine ? Avec ce nouveau statut, les internes n’auraient en effet ni le temps ni la légitimité pour former les étudiants. Le code de santé publique prévoit un plafond de 11 demi-journées ouvrées pour les étudiants internes en médecine. S’ils conservent un statut d’Interne via cette réforme, ils resteront donc soumis à ce plafond. Dans cette situation, ils peuvent certes s’accorder une journée pour leur formation personnelle mais pas pour former les étudiants en médecine. Formation, rémunération, accès à l’enseignement : voilà trois points qui vont être complètement bouleversés par cette réforme de l’internat et du clinicat.

Ce nouveau statut d’interne hybride pose finalement un dernier problème, d’ordre idéologique. Je vous rappelle que le clinicat était le moyen d’accéder au secteur 2. Le secteur 2 a déjà été grandement bridé par Marisol TOURAINE, mais que va-t-il advenir de ceux qui auront ce statut hybride interne junior/senior ? Ils auront désormais un poste qui leur permettra d’accéder au secteur dit libéral, qui n’a d’ailleurs plus de libéral que le nom. C’est donc un véritable souci, puisque derrière cette réforme se cache une machine à former des médecins de secteur 1. Le statut d’interne est le point de départ de votre vie professionnelle, qui risque d’être entachée par ce nouveau statut, comme un boulet à votre cheville pendant des années. On court vers le spectre d’une génération sacrifiée.

Question : quelles alternatives ? Il y a des solutions très concrètes. On peut parfaitement considérer que ceux qui soient chefs de clinique conservent ce statut et qu’ils soient orientés dans un service. On peut parfaitement imaginer que les responsables de services flèchent sur un poste de chef de clinique un futur universitaire. Mais il ne faut pas que les autres soient lésés par leur statut transitoire et qu’il n’y ait pas de différence, sinon cela revient à créer des différences comme avant entre les internes de spécialité et les résidents de médecine générale. L’idée, c’est que ceux qui sont là pour leur formation pendant 2 ans, qui sortent de leur internat et qui vont aller s’installer, doivent être bien formés et surtout doivent obtenir une rémunération appropriée. Mais on peut imaginer un statut d’assistant hospitalier ou de chirurgien non titulaire. Ce qu’il faut à tout prix, c’est se battre pour que ce ne soit pas un statut d’interne senior.

Un mot de conclusion :  Le risque, c’est que cette réforme amoindrisse les spécificités de l’internat et du clinicat à la française : on va perdre toute notion du compagnonnage. Et qu’est-ce qui fait venir les étudiants en médecine en France aujourd’hui ? Ce n’est pas la recherche ou les publications. Si je voulais publier, j’irais plutôt à New York ou à Londres. Non, aujourd’hui les étudiants viennent en France pour se former à une médecine française reconnue dans le monde entier pour former des bons médecins, des bons cliniciens. Et autour de ce thème du clinicat, il y a ce creuset de la formation que sont l’internat et le clinicat.

Enquête SIHP Juin 2013